Avons nous le droit d’avoir peur?

Avons nous le droit d’avoir peur?

Ce sentiment de peur et d’insécurité est omniprésent depuis plusieurs semaines, il se nourrit d’une réaction parfaitement humaine face à l’inconnu, face au danger.

Nous réalisons soudain que rien n’est gagné d’avance, que notre route n’est pas toute bien tracée jusqu’à l’infini et au-delà, la vie est courte et tout peut basculer à tout moment. Puis le danger s’écarte petit à petit et la vie reprend son cours, presque comme avant. Ainsi l’être humain est-il fait, ses émotions le guident depuis la nuit des temps pour assurer sa survie.

la dictature du courage


Seulement comme le dit le dicton : la peur n’évite pas le danger. Alors nions joyeusement cette émotion : le monstre du placard n’existe pas, et les bruits sous le lit non plus. Et puis tu es courageux.se, alors tu n’as pas peur, n’est-ce pas chéri.e ?


Nous grandissons donc ‘gaiement’ en taisant nos peurs et nos larmes, et en y associant la faiblesse et le manque de courage. Vaillamment nous avançons dans nos vies, prenant bien soin de ne pas nous laisser envahir par nos émotions (voyons !).

Et puis on ose ...

Le gout de l’aventure pousse certain.e.s d’entre nous à créer, à lancer son business, sa boite, son entreprise. L’entreprenariat est une belle preuve d’audace et de courage. Nous recevons des signes d’admiration pour avoir osé quitter (ou refuser) la sécurité bien douillette du salariat au profit d’un projet, c’est fou mais c’est courageux.

Autant vous dire que la peur n’a plus sa place, mais du tout, dans ce schéma.

Seulement voilà, la peur est une émotion primaire, qui fait partie de nous, que nous partageons avec nos amis les mammifères, il est biologiquement impossible de ne jamais avoir peur.

Le blues du business man/woman

Alors quand vous êtes à la tête de votre business, la peur, ce sentiment froid qui vient creuser au fond de l’estomac, et plus bas encore, une espèce de tourbillon, vient régulièrement vous rendre visite. Peur d’échouer, peur de se tromper, de ne pas être assez, de ne pas faire la différence, de ne pas être compris.e, de se leurrer. Qu’en faites-vous ? Rien bien sûr, vous êtes vaillant.e et courageux.se, la peur n’a pas de place dans votre placard et sous votre lit.

Vous faites taire votre peur, alors son ami le doute, vient en renfort, vriller vos certitudes et vos espoirs, vous susurrer au creux de l’oreille : et si ça ne marche pas, et si tu n’étais pas à la hauteur, et si tout cela n’est qu’une utopie, un rêve où tu te fais plaisir, mais qui ‘ne nourrit pas son bonhomme’.

Et comme vous êtes seul.e à la barre, vous n’en parlez pas. Amie fidèle de la peur, la solitude vient prendre tout l’espace du cœur et de l’esprit. Vous vous sentez impuissant.e, vos pensées tournent en boucle puisque non partagées, et le mental s’alourdit.

Et si finalement ‘ils’ avaient raison ? Les vieilles certitudes, bien ancrées, remontent à la surface : pour réussir il faut du temps, de l’effort, de l’argent, et puis tu n’es jamais à l’abri.

Le pied marin

C’est un chemin infini, un chemin de vie, un choix que nous faisons presque par vocation, vivre de notre passion de notre talent. Être à la barre, par toutes les météos.

Parfois une belle mer d’huile, sur laquelle le bateau glisse avec aisance et tranquillité, et parfois une houle vient nous secouer corps et âme. Nous voulons tenir, ne pas lâcher, garder le cap, mais c’est dur, c’est fatigant, nous en sortons épuisés !

Par moments aussi, une mer incertaine, un vent frais nous fait craindre la tempête, une petite mare d’eau au sol nous dit « attention, ça va couler », il n’y a pas de danger mais une sorte de sentiment pernicieux, en arrière-plan, qui tente de nous faire faire demi-tour.

And that's Life

Telle est la vie de chef d’entreprise, poids des responsabilités, difficulté des choix, de la solitude, peur de l’incertitude du lendemain, doute sur ses capacités, à tenir, à résister, à assumer tous ses rôles, envie d’être heureux.se, de profiter aussi de la vie, de prendre du temps, pour soi, pour sa famille, pour ses amis, pour vivre.

Si les humains avaient continué à avoir peur sans en parler à leurs congénères, ni demander de l’aide, nous serions encore dans des cavernes à attendre que le danger passe son chemin ! Alors oui et cent fois oui, nous avons le droit d’avoir peur, de douter, d’en avoir marre. Au lieu de lutter contre cette émotion, nous avons tout intérêt de l’accepter, de la laisser exister. Vous avez tout à gagner à en parler, la partager, pour pouvoir avancer.

Alice Parizeau disait : Nous avons besoin les uns des autres. L’être humain n’est pas fait pour s’isoler mais pour partager

Vous l’aurez compris : Vous n’êtes pas SEUL, tous les êtres humains ont peur à un moment ou à un autre, et vous êtes un être humain après tout, non ? Les super héros n’existent pas, les héros et héroïnes du quotidien sont ceux et celles qui acceptent d’être Humains sur le chemin de leurs rêves

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